Le cancer colorectal
Tout savoir
Le cancer colorectal est un type de cancer qui se développe dans le côlon ou le rectum, qui sont les deux parties principales du gros intestin. Le côlon est la plus longue section du gros intestin, tandis que le rectum est la dernière partie, juste avant l'anus. La plupart des cancers colorectaux débutent sous la forme de petites croissances non cancéreuses appelées polypes adénomateux. Au fil du temps, certains de ces polypes peuvent devenir cancéreux.
C'est le troisième cancer le plus fréquemment diagnostiqué et la deuxième cause de décès par cancer dans le monde. Cependant, grâce aux progrès du dépistage et des traitements, les taux de survie se sont considérablement améliorés au cours des dernières décennies.
Facteurs de risque
De nombreux facteurs peuvent augmenter le risque de développer un cancer colorectal. Il est important de noter que la présence d'un ou plusieurs de ces facteurs ne garantit pas le développement de la maladie, mais augmente la probabilité.
- Âge : Le risque de cancer colorectal augmente considérablement après l'âge de 50 ans, bien qu'il puisse survenir à tout âge.
- Antécédents personnels de polypes ou de cancer colorectal : Les personnes ayant déjà eu des polypes adénomateux ou un cancer colorectal sont plus susceptibles d'en développer de nouveaux.
- Antécédents familiaux : Avoir un parent au premier degré (parent, frère/sœur, enfant) qui a eu un cancer colorectal ou des polypes adénomateux à un jeune âge augmente le risque.
- Maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) : La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, en particulier si elles sont présentes depuis de nombreuses années, augmentent le risque.
- Syndromes génétiques héréditaires : Environ 5% à 10% des cancers colorectaux sont liés à des syndromes génétiques hérités, notamment :
- Polypose Adénomateuse Familiale (PAF) : Caractérisée par des centaines à des milliers de polypes dans le côlon et le rectum, avec un risque presque certain de développer un cancer colorectal si non traitée.
- Syndrome de Lynch (ou cancer colorectal héréditaire sans polypose, HNPCC) : Le plus courant des syndromes héréditaires, il augmente le risque de cancer colorectal ainsi que d'autres cancers (endomètre, ovaires, etc.).
Facteurs liés au mode de vie :
- Alimentation : Une alimentation riche en viande rouge et en viande transformée, et pauvre en fibres (fruits, légumes, grains entiers) est associée à un risque accru.
- Sédentarité : Le manque d'activité physique.
- Obésité : Un indice de masse corporelle (IMC) élevé.
- Tabagisme : Fumer augmente le risque de nombreux cancers, y compris le cancer colorectal.
- Consommation excessive d'alcool : Une consommation régulière et importante d'alcool est liée à un risque accru.
- Diabète de type 2 : Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont un risque légèrement accru.



Symptômes et diagnostic
Les symptômes du cancer colorectal peuvent varier et dépendent de la localisation et de la taille de la tumeur. Souvent, aux stades précoces, il n'y a pas de symptômes. Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent inclure :
- Changement des habitudes intestinales : Diarrhée ou constipation inexpliquée qui persiste, ou un changement dans la consistance des selles.
- Saignement rectal ou sang dans les selles : Le sang peut être rouge vif ou très foncé, rendant les selles noires (méléna).
- Douleur ou gêne abdominale persistante : Crampes, gaz ou douleurs qui ne disparaissent pas.
- Sensation de ne pas vider complètement les intestins : Même après être allé à la selle.
- Fatigue inexpliquée et faiblesse : Souvent due à l'anémie causée par une perte de sang chronique.
- Perte de poids inexpliquée : Sans régime ni effort particulier.
Le diagnostic précoce est crucial pour un traitement efficace. Les méthodes de diagnostic incluent :
Tests de dépistage :
- Test de recherche de sang occulte dans les selles (RSOS ou FIT) : Un test non invasif qui recherche des traces de sang invisibles à l'œil nu dans les selles. S'il est positif, une coloscopie est recommandée.
- Coloscopie : L'examen le plus complet. Un tube flexible et éclairé avec une caméra est inséré dans le rectum et le côlon pour visualiser toute la muqueuse. Il permet de détecter les polypes et de les retirer immédiatement (polypectomie) ou de prélever des biopsies pour analyse.
- Sigmoïdoscopie flexible : Similaire à la coloscopie, mais n'examine que le rectum et la partie inférieure du côlon.
- Coloscopie virtuelle (coloscanner) : Utilise un scanner pour créer des images détaillées du côlon et du rectum. Si des anomalies sont détectées, une coloscopie traditionnelle est nécessaire.
- Biopsie : Si une zone suspecte est trouvée lors d'une coloscopie, un petit échantillon de tissu (biopsie) est prélevé et examiné au microscope par un pathologiste pour confirmer la présence de cellules cancéreuses.
- Examens d'imagerie : Après le diagnostic de cancer, des examens comme le scanner (TDM) du thorax, de l'abdomen et du pelvis, l'IRM ou le PET-scan peuvent être réalisés pour évaluer l'étendue de la maladie et rechercher d'éventuelles métastases.
- Analyses de sang : Un test sanguin peut mesurer les niveaux de l'antigène carcino-embryonnaire (ACE), un marqueur tumoral. Il n'est pas utilisé pour le dépistage, mais peut être utile pour le suivi après le traitement.
- Test de recherche de sang occulte dans les selles (RSOS ou FIT)
- Coloscopie
- Sigmoïdoscopie flexible
- Coloscopie virtuelle (coloscanner)
- Biopsie
- Examens d'imagerie
- Analyses de sang
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Traitements
Le plan de traitement du cancer colorectal dépend de plusieurs facteurs, notamment le stade du cancer, sa localisation (côlon ou rectum), la santé générale du patient et ses préférences. Les principales options de traitement sont :
- Chirurgie : C'est le traitement principal pour la plupart des cancers colorectaux.
- Colectomie : Le chirurgien retire la partie du côlon contenant le cancer, ainsi qu'une marge de tissu sain et les ganglions lymphatiques voisins. Les parties restantes du côlon sont ensuite reconnectées (anastomose).
- Résection rectale : Pour le cancer du rectum, la chirurgie peut être plus complexe et peut parfois nécessiter une stomie (colostomie ou iléostomie), qui est une ouverture créée chirurgicalement sur l'abdomen pour permettre l'évacuation des selles dans une poche externe. Dans de nombreux cas, la stomie peut être temporaire.
- Chimiothérapie : Utilise des médicaments pour tuer les cellules cancéreuses. Elle peut être administrée :
- Adjuvante : Après la chirurgie pour détruire les cellules cancéreuses résiduelles et réduire le risque de récidive.
- Néo-adjuvante : Avant la chirurgie (surtout pour le cancer du rectum) pour réduire la taille de la tumeur et la rendre plus facile à enlever.
- Palliative : Pour contrôler la maladie et soulager les symptômes dans les cas de cancer avancé ou métastatique.
- Radiothérapie : Utilise des rayons de haute énergie pour tuer les cellules cancéreuses. Elle est plus souvent utilisée pour le cancer du rectum :
- Néo-adjuvante : Avant la chirurgie pour réduire la tumeur.
- Adjuvante : Après la chirurgie pour détruire les cellules cancéreuses restantes.
- Palliative : Pour soulager les symptômes des tumeurs qui se sont propagées ou qui ne peuvent pas être enlevées chirurgicalement.
- Thérapies ciblées : Ces médicaments ciblent des gènes ou des protéines spécifiques impliqués dans la croissance et la survie des cellules cancéreuses. Ils sont souvent utilisés en combinaison avec la chimiothérapie pour les cancers avancés.
- Immunothérapie : Certains cancers colorectaux, en particulier ceux présentant des anomalies spécifiques (instabilité microsatellite élevée ou déficience de la réparation des mésappariements), peuvent répondre à l'immunothérapie, qui aide le propre système immunitaire du corps à combattre le cancer.



Vivre avec le cancer colorectal
Vivre avec un cancer colorectal, qu'il soit en cours de traitement ou après rémission, implique une gestion continue de la santé physique et émotionnelle.
- Suivi régulier : Le suivi est essentiel pour détecter toute récidive ou de nouveaux polypes. Il comprend des visites régulières chez l'oncologue et le gastro-entérologue, des tests ACE, des examens d'imagerie (scanner) et des coloscopies de surveillance. La fréquence et la durée du suivi dépendent du stade initial du cancer et de la réponse au traitement.
- Gestion des effets secondaires : Les traitements peuvent entraîner divers effets secondaires (fatigue, nausées, changements intestinaux, neuropathie, etc.). Il est important de les signaler à l'équipe soignante pour une gestion appropriée et un soulagement des symptômes.
- Gestion de la stomie (si applicable) : Si une stomie est nécessaire, l'apprentissage de son entretien est crucial. Les infirmières stomathérapeutes fournissent une éducation et un soutien essentiels pour s'adapter à cette nouvelle réalité. Avec le temps, la plupart des personnes s'adaptent bien à la vie avec une stomie.
- Alimentation et nutrition : Une alimentation saine et équilibrée est importante. Après la chirurgie, des ajustements alimentaires peuvent être nécessaires pour gérer les changements intestinaux. Parfois, un diététicien peut aider à élaborer un plan alimentaire adapté.
- Activité physique : Maintenir une activité physique régulière, dans la mesure du possible, peut aider à gérer la fatigue, améliorer l'humeur et favoriser le bien-être général.
- Soutien psychologique et émotionnel : Faire face à un diagnostic de cancer peut être difficile. Le soutien de la famille, des amis, des groupes de soutien ou d'un professionnel de la santé mentale peut aider à gérer le stress, l'anxiété et la dépression.
- Arrêt du tabac et de l'alcool : Ces changements de mode de vie sont bénéfiques pour la santé générale et peuvent réduire le risque de récidive ou de développement d'autres cancers.
En résumé, le cancer colorectal est une maladie qui peut être efficacement traitée, surtout si elle est détectée tôt. Le dépistage régulier, la compréhension des facteurs de risque et l'adoption d'un mode de vie sain sont des éléments clés pour la prévention et une meilleure prise en charge de la maladie.


