Dépistage du cancer
du col de l'utérus
Détecter les anomalies le plus tôt possible
Le cancer du col de l'utérus ?
Le cancer invasif du col de l'utérus constitue, au niveau mondial, le quatrième cancer le plus fréquent chez la femme. Malgré les outils de prévention existants, près de 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès ont été estimés en 2022. L'OMS souligne l'urgence de la situation, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où surviennent environ 90 % des décès liés à cette maladie. De plus, elle touche disproportionnellement les femmes plus jeunes (le pic de mortalité étant souvent observé autour de 50 ans, mais avec une incidence marquée chez les femmes de 20 à 40 ans).
La quasi-totalité (plus de 95 %) des cas de cancer du col de l'utérus est attribuée à une infection persistante par des Papillomavirus Humains (VPH) à haut risque oncogène. Le VPH est l'infection sexuellement transmissible la plus courante dans le monde. Bien qu'il existe plus de 200 types de VPH et que l'infection soit extrêmement fréquente – environ 80 % de la population sera infectée au cours de sa vie – seuls quelques génotypes peuvent engendrer des lésions évoluant vers le cancer, notamment au niveau ano-génital et oro-pharyngé, aussi bien chez l'homme que chez la femme.
Le dépistage
La plupart de ces infections passent inaperçues et guérissent spontanément en quelques mois. Mais dans une minorité des cas, le virus s’installe pour une longue période dans les cellules du col de l’utérus et y entraîne des lésions précancéreuses qui se développent lentement. Un cancer n’apparaît en moyenne qu’après 10 à 15 ans. Le dépistage par frottis est recommandé à toutes les femmes entre 25 et 64 ans. Le dépistage permet d’identifier soit des lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent en cancer soit un cancer au tout début de son évolution. L'apparition du cancer du col de l’utérus est précédée par le développement, pendant plusieurs années, de lésions précancéreuses aisément identifiables et traitables. Le dépistage et le traitement de celles-ci permettent la guérison dans presque 100 % des cas tout en préservant la fertilité. Pour les femmes entre 25 et 29 ans, le test de dépistage est réalisé par un examen cytologique de cellules. Pour les femmes entre 30 à 65 ans, le test HPV, basé sur la recherche de la présence d’ADN du virus HPV à haut risque chez les femmes, remplace l’examen cytologique. Ces deux tests sont réalisés par prélèvement (frottis) de cellules au niveau du col de l’utérus. Ce dépistage est recommandé même si vous avez été vaccinée contre les virus HPV et la ménopause n’est pas une raison pour ne plus le pratiquer.
Le dépistage en pratique
Le dépistage du cancer du col de l'utérus s'effectue simplement au cours d'un examen gynécologique de routine. Le professionnel de santé (gynécologue, médecin généraliste ou sage-femme) utilise un spéculum (un instrument qui écarte doucement les parois vaginales) pour visualiser le col de l'utérus. À l'aide d'une petite brosse ou d'une spatule, il effectue un prélèvement rapide en frottant légèrement la surface du col pour récolter des cellules. Cette procédure est brève, ne durant que quelques minutes, et le prélèvement est ensuite acheminé vers un laboratoire pour analyse. Les résultats sont ensuite communiqués au médecin prescripteur.Pour garantir son efficacité, ce dépistage doit être réalisé à une fréquence spécifique :
- Avant 30 ans : un frottis est généralement recommandé tous les 3 ans.
- À partir de 30 ans : le test de dépistage est souvent espacé à tous les 5 ans (car il s'agit alors principalement du test de détection du VPH, plus sensible).
Cette régularité est cruciale car les lésions précancéreuses progressent très lentement et sont généralement asymptomatiques pendant de nombreuses années. Il est essentiel de ne pas attendre les signes.
Attention : Si vous constatez des saignements anormaux (en dehors des règles ou après les rapports), des pertes inhabituelles et malodorantes, ou des douleurs pelviennes, il est impérativement nécessaire de consulter immédiatement votre médecin, même si votre dépistage est récent. Ces symptômes pourraient signaler une infection sexuellement transmissible ou une autre pathologie nécessitant une prise en charge rapide.
Les résultats du dépistage
Un résultat de dépistage positif (qu'il s'agisse d'un test HPV ou d'un frottis cytologique) doit être interprété avec prudence : il ne signifie en aucun cas que vous avez un cancer. Cela indique simplement la nécessité de réaliser des examens complémentaires pour déterminer avec précision la nature des anomalies détectées.
Le médecin vous orientera vers un suivi plus poussé. Cela peut impliquer un simple nouveau prélèvement à distance, ou, le plus souvent, un examen appelé colposcopie. Au cours de cet examen, le gynécologue examine la surface du col de l'utérus à l'aide d'un instrument optique muni d'une loupe grossissante (le colposcope). Si des zones d'anomalie sont visualisées, le médecin pourra réaliser une biopsie (prélèvement d'un fragment de tissu) qui sera analysée en laboratoire. Cet examen est essentiel pour confirmer la présence de lésions et déterminer leur gravité.
L'intérêt majeur de cette démarche est la détection précoce des lésions précancéreuses. Ces lésions, si elles sont identifiées à temps, peuvent être traitées par des procédures médicales légères et peu invasives (comme la conisation). Ce traitement précoce est fondamental, notamment pour les jeunes patientes, car il permet de préserver la fertilité en évitant des interventions plus lourdes et potentiellement impactantes.
La vaccination HPV préventive
La prévention du cancer du col de l'utérus repose sur deux piliers essentiels : la vaccination préventive contre les papillomavirus humains (VPH) et le dépistage régulier (test HPV ou frottis cervico-utérin). Le vaccin VPH est fortement recommandé, idéalement avant le début de l'activité sexuelle (vers 9 à 14 ans), car il protège efficacement contre les souches de VPH les plus oncogènes, responsables de la majorité des cancers. Cependant, la vaccination ne protège pas contre toutes les souches de VPH, ni contre les lésions déjà existantes, ce qui rend le dépistage indispensable chez les femmes dès l'âge de 25 ans. Le dépistage permet de détecter précocement les lésions précancéreuses ou les cancers à un stade initial, offrant ainsi un traitement rapide et souvent curatif. La combinaison de ces deux stratégies est la plus efficace pour réduire significativement l'incidence et la mortalité liées à cette maladie.
Le dépistage du cancer du col de l'utérus est une stratégie de santé publique essentielle visant à détecter les lésions précancéreuses ou le cancer à un stade très précoce, ce qui permet un traitement efficace et prévient le développement d'un cancer invasif, ce qui conduit à des traitements moins lourds et des taux de guérison très élevés.. Ce dépistage repose principalement sur la détection des infections persistantes par le Papillomavirus humain (HPV), principal agent causal du cancer du col de l'utérus.
Les examens proposés sont complémentaires et adaptés à l'âge des femmes et aux avancées scientifiques :
- Pour les femmes plus jeunes (souvent 25-29 ans), le frottis cervico-utérin reste la méthode de référence pour détecter les anomalies cellulaires.
- Pour les femmes plus âgées (souvent à partir de 30 ans), le test HPV est de plus en plus privilégié car il est plus sensible pour détecter les lésions de haut grade et offre un intervalle de dépistage plus long en cas de résultat négatif.
- En cas de résultat anormal, la colposcopie et les biopsies sont les étapes essentielles pour poser un diagnostic précis et guider la prise en charge.
Techniques de dépistage du cancer du col de l'utérus
Les principales techniques de dépistage sont le test de dépistage cytologique (frottis cervico-utérin ou test de Papanicolaou) et le test de dépistage HPV. Ces deux tests sont réalisés à partir de prélèvements de cellules du col de l'utérus.1. Test de dépistage cytologique (Frottis cervico-utérin ou test de papanicolaou)
- Description de la technique : Le frottis cervico-utérin (FCU), communément appelé test de Pap, consiste à prélever délicatement des cellules à la surface du col de l'utérus et du canal endocervical à l'aide d'une petite spatule et/ou d'une brossette. Ces cellules sont ensuite étalées sur une lame de verre (frottis conventionnel) ou placées dans un milieu liquide pour être analysées en laboratoire par un cytopathologiste. L'objectif est de rechercher des modifications anormales des cellules (dysplasies ou lésions de bas ou haut grade) qui pourraient indiquer la présence de lésions précancéreuses ou, plus rarement, d'un cancer invasif.
- Fréquence : La fréquence recommandée varie selon les pays et les recommandations. En général, pour les femmes âgées de 25 à 29 ans, un frottis est recommandé tous les 3 ans, après deux frottis normaux à un an d'intervalle.
2. Test de dépistage HPV (test de détection du Papillomavirus humain)
- Description de la technique : Le test HPV consiste également à prélever des cellules du col de l'utérus de la même manière que pour un frottis. Cependant, au lieu de rechercher des anomalies cellulaires, ce test recherche directement la présence de l'ADN des types d'HPV "à haut risque" (les HPV oncogènes) qui sont responsables de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus. Les types d'HPV 16 et 18 sont les plus fréquemment impliqués. Un résultat positif au test HPV signifie que la femme est porteuse d'une infection par un HPV à haut risque, ce qui nécessite une surveillance ou des examens complémentaires.
- Fréquence : Ce test est de plus en plus privilégié comme méthode de dépistage primaire pour les femmes plus âgées. Pour les femmes âgées de 30 ans et plus, il est généralement recommandé de réaliser un test HPV tous les 5 ans. Si le test HPV est positif, un frottis de triage (cytologie réflexe) est souvent effectué à partir du même prélèvement ou un examen colposcopique est proposé.
Prélèvement auto-récolté (auto-prélèvement)
- Description de la technique : Dans certains contextes ou pour les femmes qui ne participent pas au dépistage organisé, l'auto-prélèvement vaginal est une méthode émergente. La femme utilise un dispositif simple pour prélever elle-même des sécrétions vaginales, qui sont ensuite analysées pour la présence de l'ADN HPV. Cette méthode est prometteuse pour améliorer la couverture du dépistage, notamment dans les populations éloignées ou peu dépistées.
- Fréquence : L'auto-prélèvement suit généralement les mêmes fréquences que le test HPV en laboratoire, selon les directives nationales.
Examens complémentaires en cas d'anomalie
Si un résultat de dépistage (frottis ou test HPV) est anormal, d'autres examens peuvent être nécessaires :- Colposcopie : Examen visuel approfondi du col de l'utérus à l'aide d'un colposcope (sorte de microscope). Des solutions (acide acétique et Lugol) sont appliquées sur le col pour mieux visualiser les zones anormales.
- Biopsie : Si des zones suspectes sont identifiées lors de la colposcopie, de petits échantillons de tissu (biopsies) sont prélevés et envoyés pour analyse histopathologique au laboratoire afin de confirmer la présence et la nature des lésions.
- Curetage endocervical : Prélèvement de cellules de l'intérieur du canal cervical.



Quiz interactif
Évaluez vos facteurs de risque
Cancer de l'utérus
Cochez les cases qui vous concernent (femmes uniquement) et cliquez sur "Calculer mon score" pour évaluer votre risque de cancer du col de l’utérus.
Si votre score élevé ? Parlez-en rapidement à votre médecin ou gynécologue.