Le tabac
un facteur de risque majeur et évitable
Le tabac est le facteur de risque de cancer le plus important et le plus facilement évitable. Responsable d'environ un tiers des décès par cancer dans le monde, son impact ne se limite pas au cancer du poumon, mais touche de nombreux autres organes. Fumer, c'est introduire dans son corps un cocktail de substances toxiques qui endommagent l'ADN des cellules, déclenchant des mutations pouvant mener à l'apparition d'une tumeur. Comprendre ce lien indéniable est la première étape pour adopter un mode de vie plus sain et réduire considérablement son risque de développer cette maladie.
Comment le tabac favorise le cancer ?
Le lien entre le tabac et le cancer est bien établi par des décennies de recherches scientifiques. Le mécanisme est complexe, mais on peut le résumer par le fait que la fumée de cigarette contient plus de 7000 substances chimiques, dont au moins 70 sont reconnues comme cancérigènes.
Les mécanismes d'action :
- Dommages à l'ADN : Les produits chimiques, tels que le benzène, le goudron et les nitrosamines, endommagent directement l'ADN des cellules. Ces dommages peuvent empêcher les cellules de se réparer, les faisant croître de manière incontrôlée et former des tumeurs.
- Affaiblissement du système immunitaire : Le tabagisme affaiblit le système immunitaire, le rendant moins efficace pour détruire les cellules cancéreuses.
- Inflammation chronique : Le tabac provoque une inflammation chronique dans le corps, ce qui peut favoriser le développement et la propagation du cancer.
Quels cancers sont liés au tabac ?
Le tabagisme est la principale cause du cancer du poumon, mais il augmente également le risque de cancers dans d'autres parties du corps :
- Cancers de la tête et du cou : bouche, larynx (cordes vocales), pharynx (gorge), et œsophage.
- Cancers de la vessie et du rein : Les produits chimiques sont filtrés par les reins et se concentrent dans la vessie.
- Cancers du pancréas, de l'estomac, et du foie.
- Cancers du col de l'utérus et leucémie myéloïde aiguë.
Le tabagisme est le principal facteur de risque de cancer évitable au monde, étant responsable d'environ un cancer sur trois et impliqué dans le développement d'au moins 17 types de cancers différents, notamment le cancer du poumon (dont 80 à 90 % des cas sont liés au tabagisme actif), ainsi que ceux de la gorge, de la bouche, de l'œsophage, du pancréas, de la vessie, du rein et du col de l'utérus. En cessant de fumer, on offre à son corps l'opportunité de se réparer, réduisant ainsi de manière significative le risque de développer un cancer.
Le tabagisme passif
Il est important de souligner que le risque ne se limite pas aux fumeurs actifs. Le tabagisme passif, l'exposition à la fumée des autres, augmente également le risque de cancer du poumon et d'autres maladies. De plus, il n'existe pas de "seuil sécuritaire" pour la consommation de tabac : même une petite quantité peut être nocive.
Le tabagisme passif, également connu sous le nom de tabagisme involontaire ou exposition à la fumée secondaire, est le fait d'inhaler involontairement la fumée de cigarette ou d'autres produits du tabac brûlés par d'autres personnes. Contrairement à une idée reçue, cette fumée n'est pas moins dangereuse que celle inhalée directement par le fumeur. Elle est en réalité un mélange de deux types de fumée : celle qui est exhalée par le fumeur et celle qui s'échappe de l'extrémité de la cigarette, du cigare ou de la pipe en combustion. Cette dernière contient une concentration plus élevée de substances cancérigènes et toxiques, car elle n'a pas été filtrée par le tabac ou le filtre de la cigarette. Le tabagisme passif est donc une menace sérieuse pour la santé de ceux qui partagent un même espace avec des fumeurs, que ce soit à la maison, au travail ou dans les lieux publics.
L'exposition au tabagisme passif a des conséquences graves et bien documentées sur la santé. Chez les adultes non-fumeurs, elle augmente significativement le risque de développer des maladies cardiovasculaires, des cancers du poumon et d'autres types de cancers. Les enfants, en particulier, sont extrêmement vulnérables. L'exposition à la fumée secondaire est associée à des infections respiratoires fréquentes, de l'asthme, des otites, et peut même augmenter le risque de syndrome de mort subite du nourrisson. Les données scientifiques sont formelles : il n'existe pas de seuil d'exposition sécuritaire à la fumée de tabac. La seule manière de se protéger est d'éviter toute exposition. C'est pourquoi les politiques de non-fumeurs dans les lieux publics et les efforts pour maintenir des environnements sans fumée, notamment à domicile, sont cruciaux pour la santé publique.
Le tabagisme parental, en pré- et post-natal, est à l’origine de complications de la grossesse pour la femme, de faibles poids à la naissance, malformations, retard de croissance, retard de développement intellectuel et augmente le risque de mort subite du nourrisson. Il est également suspecté d’être à l’origine d’un surrisque de cancer chez les enfants exposés, dont l’hépatoblastome et la leucémie.



Le tabac à chiquer
Le tabac à chiquer ou à priser (Chemma) est loin d'être sans danger et joue un rôle majeur dans l'apparition de divers cancers. Il est crucial de comprendre que le fait de ne pas fumer le tabac ne le rend pas inoffensif. Le tabac à chiquer est tout aussi nocif que la cigarette pour la santé. La meilleure façon de prévenir ces problèmes de santé graves est de s'abstenir de toute forme de consommation de tabac.
- Cancérogènes et irritants : Le tabac à chiquer contient au moins 28 substances chimiques connues pour être cancérigènes. En le mâchant, vous exposez directement la bouche à ces produits chimiques, ainsi qu'à des composés qui irritent les gencives et provoquent des caries.
- Risque accru : La consommation de tabac à chiquer augmente considérablement le risque de développer un cancer. Les consommateurs de tabac sans fumée courent un risque jusqu'à 50 fois plus élevé de souffrir d'un cancer de la joue, des gencives et de l'intérieur des lèvres par rapport aux non-consommateurs.
L'utilisation de tabac à chiquer est directement liée à plusieurs types de cancers, notamment :
- Cancer de la bouche (cavité buccale) : C'est le cancer le plus fréquemment associé au tabac à chiquer. Il peut affecter les lèvres, la langue, les gencives, les joues et le palais.
- Cancer de la gorge (œsophage) : Les substances cancérigènes présentes dans le tabac à chiquer sont avalées, augmentant le risque de cancer de l'œsophage.
- Autres cancers : L'utilisation de ce type de tabac est également associée à un risque accru de cancers de l'estomac et de la vessie.
Les Algériens consomment 700 millions de sachets (de 20 et 30 g) de "Chemma" (tabac à chiquer) par an, selon les statistiques de la Société nationale du tabac et allumettes (SNTA). Outre la nicotine du tabac, ces produits contiennent des ingrédients tels que des agents alcalins (chaux éteinte, carbonate de calcium, bicarbonate de sodium, carbonate de magnésium, cendres alcalines), des noix d’arec, des fèves de tonka, du camphre et d’autres plantes contenant des toxines et des substances cancérogènes qui ont des effets supplémentaires sur la santé.