Le cancer de la thyroïde
dépistage, traitement et prise en charge
Le cancer de la thyroïde est une maladie dans laquelle des cellules malignes se forment dans les tissus de la thyroïde, une glande en forme de papillon située à la base du cou, juste en dessous de la pomme d'Adam. La thyroïde produit des hormones essentielles qui régulent le métabolisme du corps, la température, le rythme cardiaque et de nombreuses autres fonctions vitales. Bien que le cancer de la thyroïde soit le cancer endocrinien le plus fréquent, il est souvent de bon pronostic, surtout lorsqu'il est détecté et traité précocement. Il existe plusieurs types de cancer de la thyroïde, les plus courants étant le cancer papillaire et le cancer folliculaire, qui sont regroupés sous le terme de cancers différenciés de la thyroïde. Moins fréquents sont le cancer médullaire et le cancer anaplasique, ce dernier étant le plus agressif.
Facteurs de Risque
Bien que la cause exacte du cancer de la thyroïde ne soit pas toujours claire, plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :
| Facteur de risque | Explication simple |
|---|---|
| Exposition aux radiations | C'est le facteur de risque le plus établi. Une exposition, en particulier pendant l'enfance, à des radiations au niveau de la tête et du cou (par exemple, suite à des traitements médicaux pour d'autres affections ou à des accidents nucléaires) augmente significativement le risque. |
| Les antécédents familiaux | Avoir des membres de sa famille qui ont eu un cancer de la thyroïde (en particulier le cancer médullaire de la thyroïde, souvent lié à des mutations génétiques spécifiques comme le gène RET) augmente le risque. |
| Certaines affections génétiques | Des syndromes génétiques héréditaires rares, comme la polypose adénomateuse familiale, le syndrome de Cowden ou la néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (MEN2), sont associés à un risque accru. |
| Sexe et âge | Les femmes sont environ trois fois plus susceptibles de développer un cancer de la thyroïde que les hommes. Le risque augmente avec l'âge, bien qu'il puisse survenir à tout âge. |
| Carence en iode | Dans les régions où l'apport en iode est insuffisant, il peut y avoir un risque légèrement plus élevé de cancers folliculaires. Cependant, la carence en iode est également associée à d'autres problèmes thyroïdiens comme le goitre. |
| Obésité | Certaines études suggèrent un lien entre l'obésité et un risque accru de cancer de la thyroïde, bien que la nature exacte de cette relation ne soit pas entièrement comprise. |
Symptômes et diagnostic
Souvent, le cancer de la thyroïde ne provoque aucun symptôme au début de son développement. Les symptômes, lorsqu'ils apparaissent, peuvent inclure :
- Un nodule ou une masse dans le cou : C'est le symptôme le plus fréquent. Le nodule est généralement indolore et peut être ressenti ou vu.
- Changement de voix ou enrouement persistant : Si la tumeur affecte les nerfs qui contrôlent les cordes vocales.
- Difficulté à avaler (dysphagie) : Si la tumeur exerce une pression sur l'œsophage.
- Difficulté à respirer : Si la tumeur est grosse et comprime la trachée.
- Gonflement des ganglions lymphatiques dans le cou : Parfois, le cancer peut se propager aux ganglions lymphatiques.
- Douleur dans le cou ou la gorge : Rarement, mais cela peut arriver.
Le diagnostic du cancer de la thyroïde implique généralement plusieurs étapes :
- Examen physique : Le médecin palpe le cou à la recherche de nodules ou de ganglions lymphatiques enflés.
- Échographie de la thyroïde : C'est l'examen d'imagerie le plus couramment utilisé pour visualiser la thyroïde, évaluer la taille et les caractéristiques des nodules, et rechercher des ganglions lymphatiques suspects.
- Ponction à l'aiguille fine (PAF) : Si un nodule est suspect à l'échographie, une aiguille très fine est insérée dans le nodule pour prélever des cellules. Ces cellules sont ensuite examinées au microscope par un pathologiste pour déterminer si elles sont cancéreuses. C'est l'outil diagnostique le plus important.
- Analyses de sang : Elles mesurent les niveaux d'hormones thyroïdiennes (TSH, T3, T4) pour évaluer la fonction thyroïdienne, mais ne diagnostiquent pas directement le cancer. Des marqueurs comme la thyroglobuline (pour le suivi) ou la calcitonine (pour le cancer médullaire) peuvent être mesurés.
- Autres examens d'imagerie : Dans certains cas, une tomodensitométrie (TDM), une imagerie par résonance magnétique (IRM) ou une scintigraphie thyroïdienne peuvent être utilisées pour évaluer l'étendue de la maladie ou rechercher des métastases.



Traitements
Le traitement du cancer de la thyroïde dépend du type de cancer, de sa taille, de son stade, de l'âge du patient et de son état de santé général. Les principales options de traitement sont :
- Chirurgie (Thyroïdectomie) : C'est le traitement principal pour la plupart des cancers de la thyroïde. Elle consiste à retirer tout ou une partie de la thyroïde (thyroïdectomie totale ou lobectomie). Les ganglions lymphatiques du cou peuvent également être retirés si le cancer s'y est propagé.
- Thérapie à l'iode radioactif (IRA) : Après une thyroïdectomie totale pour les cancers différenciés (papillaire et folliculaire), l'iode radioactif peut être administré. Les cellules thyroïdiennes (normales et cancéreuses) absorbent l'iode, et l'iode radioactif détruit les cellules cancéreuses restantes, y compris celles qui ont pu se propager ailleurs dans le corps.
- Hormonothérapie thyroïdienne suppressive : Après une thyroïdectomie, et souvent après une thérapie à l'iode radioactif, les patients doivent prendre des hormones thyroïdiennes de synthèse (lévothyroxine) à vie. En plus de remplacer les hormones manquantes, des doses plus élevées peuvent être utilisées pour supprimer la production de TSH par l'hypophyse, ce qui peut freiner la croissance de cellules cancéreuses résiduelles ou récidivantes.
- Radiothérapie externe : Moins courante pour les cancers différenciés, elle est parfois utilisée pour les cancers plus agressifs (comme le cancer anaplasique) ou lorsque le cancer s'est propagé localement et ne peut être complètement retiré chirurgicalement.
- Chimiothérapie : Elle est rarement utilisée pour les cancers thyroïdiens différenciés. Elle peut être envisagée pour les cancers anaplasiques ou certains cancers médullaires avancés.
- Thérapies ciblées : Pour les cancers de la thyroïde avancés ou métastatiques qui ne répondent pas aux autres traitements, des médicaments qui ciblent des mutations génétiques spécifiques présentes dans les cellules cancéreuses peuvent être utilisés.
Comment vivre avec le cancer de la thyroïde
Vivre avec un cancer de la thyroïde, même après un traitement réussi, implique un suivi régulier et des ajustements dans le mode de vie.
- Suivi régulier : Des visites de suivi avec l'endocrinologue sont essentielles. Elles incluent généralement des analyses de sang pour vérifier les niveaux de TSH, de thyroglobuline (un marqueur tumoral pour les cancers différenciés) et de calcitonine (pour le cancer médullaire), ainsi que des échographies du cou pour détecter toute récidive. Des examens d'imagerie supplémentaires peuvent être nécessaires.
- Gestion de l'hormonothérapie : Il est crucial de prendre la lévothyroxine quotidiennement comme prescrit. Un bon équilibre hormonal est vital pour le bien-être général et pour prévenir la récidive du cancer. Des ajustements de dosage peuvent être nécessaires au fil du temps.
- Alimentation et mode de vie : Adopter une alimentation saine et équilibrée, maintenir un poids sain et faire de l'exercice régulièrement sont des habitudes bénéfiques pour la santé générale. Pour les patients sous thérapie à l'iode radioactif, il peut y avoir des recommandations spécifiques concernant l'apport en iode avant et après le traitement.
- Soutien psychologique : Le diagnostic et le traitement du cancer peuvent être stressants. Il est important de ne pas hésiter à rechercher un soutien psychologique, que ce soit auprès de professionnels de la santé, de groupes de soutien ou de l'entourage. Partager ses expériences avec d'autres personnes ayant traversé des situations similaires peut être très aidant.
- Vigilance aux symptômes : Bien que les récidives soient rares pour les cancers thyroïdiens différenciés bien traités, il est important de rester attentif à tout nouveau symptôme suspect et d'en informer son médecin.
- Éducation : S'informer sur sa maladie et ses traitements permet de mieux comprendre et de participer activement aux décisions concernant sa propre santé.



Goitre thyroïdien
Le terme "goitre" désigne une augmentation de volume de la glande thyroïde, qui est située à la base du cou, près de la pomme d'Adam. Cette augmentation peut être diffuse (toute la glande est enflée) ou localisée (avec la présence de nodules).
Un goitre en soi n'est pas toujours dangereux. Dans de nombreux cas, il peut être bénin et ne causer aucun symptôme. Cependant, il peut devenir problématique et nécessiter une prise en charge médicale, voire chirurgicale, dans les situations suivantes :
- Goitre volumineux et compressif,
- Dysfonctionnement de la thyroïde,
- Risque de cancer.
Un goitre est potentiellement dangereux s'il est très volumineux et compressif, s'il est associé à un dysfonctionnement thyroïdien grave (hyper ou hypothyroïdie), ou s'il y a un risque de malignité (cancer).
Il est donc toujours essentiel de consulter un médecin dès l'apparition d'un goitre pour en déterminer la cause et la nécessité d'un traitement ou d'une simple surveillance.
Les Causes du goitre :
- Carence en iode : C'est la cause la plus fréquente à l'échelle mondiale. L'iode est un élément essentiel à la production des hormones thyroïdiennes.
- Maladies thyroïdiennes : Le goitre peut être le symptôme d'une maladie comme la thyroïdite de Hashimoto (qui cause une hypothyroïdie) ou la maladie de Basedow (qui cause une hyperthyroïdie).
- Changements hormonaux : Il peut apparaître de manière transitoire pendant la puberté, la grossesse ou la ménopause.
- Médicaments : Certains médicaments, notamment ceux riches en iode, peuvent le provoquer.
- Facteurs génétiques : Il peut y avoir des antécédents familiaux.

Nutriments essentiels pour la santé de la thyroïde
La thyroïde dépend de plusieurs micronutriments pour fonctionner de manière optimale. Heureusement, le goitre est largement évitable grâce à une alimentation adaptée :
- Iode – L'iode est essentiel à la synthèse des hormones thyroïdiennes . Un manque d'iode entraîne une hypothyroïdie et un goitre. L'apport journalier recommandé (AJR) pour un adulte est de 150 µg . Les aliments riches en iode sont : Morue, Crevettes, Oeufs, Yaourt au lait entier nature, Sardines grillées, Algues marines, Fromages (fromages de chèvre, parmesan, gruyère, cheddar vieilli), Sel iodé
- Sélénium – Ce minéral antioxydant contribue à la synthèse des hormones thyroïdiennes et protège la glande des dommages oxydatifs. Un adulte a besoin de 55 mcg de sélénium par jour . Les aliments riches en sélénium sont : Poissons (Thon, sardine...), Fruits de mer (Huîtres, moules...), Viandes et abats (Foie de poulet, rognons...), Œufs (Le jaune d'œuf), Céréales complètes, Légumes (Tomates, brocolis, oignons...), Champignons, Noix du Brésil.
- Zinc – Le zinc est nécessaire à l'activation des hormones thyroïdiennes afin que l'organisme puisse les utiliser efficacement. L' apport quotidien recommandé est de 8 mg pour les femmes adultes et de 11 mg pour les hommes. Les aliments riches en zinc sont : Fruits de mer, Viandes et abats, Graines et noix (Graines de citrouille, graines de sésame, noix de cajou, noix de pécan, noix de macadamia, amandes), Céréales complètes, Légumineuses (Lentilles, pois chiches, haricots), Autres: Œufs, cacao, produits laitiers...
- Fer – Le fer permet à la thyroïde de convertir l'hormone T4 inactive en hormone T3 active. Les femmes adultes ont besoin de 18 mg de fer par jour , tandis que les hommes en ont besoin de 8 mg . Les aliments riches en fer sont : La viande rouge, le foie, les légumineuses, les poissons (sardines, thon...), les noix, les légumes verts à feuilles ( épinards, brocoli, persil...)