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Le cancer du sein

symptômes, diagnostic et traitements

Nouveaux cas
2,3
En 2022, on estimait à 2,3 millions le nombre de nouveaux cas de cancer du sein dans le monde.
Surpoids
x4
Le surpoids (après la ménopause), la sédentarité et le tabagisme sont de gros facteurs de risque.
Risque et âge
80%
Le risque augmente après 50 ans, avec environ 80% des cas diagnostiqués après la ménopause.

Le cancer du sein est un cancer qui se développe à partir des cellules du sein. Il est la forme de cancer la plus fréquente chez la femme et la deuxième cause de décès par cancer chez les femmes, après le cancer du poumon. Bien qu'il puisse aussi toucher les hommes, cela reste extrêmement rare. La majorité des cancers du sein prennent naissance dans les canaux qui transportent le lait (carcinome canalaire), mais ils peuvent aussi se développer dans les glandes qui produisent le lait (carcinome lobulaire). Grâce aux campagnes de dépistage, aux diagnostics précoces et aux progrès des traitements, le taux de survie s'est considérablement amélioré.

Quels sont les facteurs de risque ?

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un cancer du sein. Certains sont liés au mode de vie et peuvent être modifiés, tandis que d'autres sont immuables.

  • Facteurs non modifiables sexe et âge : Être une femme est le principal facteur de risque. Le risque augmente avec l'âge, la majorité des cas étant diagnostiqués après 50 ans.
  • Antécédents personnels : Avoir déjà eu un cancer du sein dans un sein augmente le risque d'en développer un dans l'autre sein.
  • Antécédents familiaux : Avoir des parents au premier degré (mère, sœur, fille) qui ont eu un cancer du sein, en particulier à un jeune âge, augmente le risque.
  • Prédispositions génétiques : Des mutations génétiques héréditaires, notamment des gènes BRCA1 et BRCA2, sont responsables d'une petite partie des cancers du sein, mais augmentent considérablement le risque chez les porteuses.
  • Antécédents de pathologies mammaires bénignes : Certaines lésions bénignes (non cancéreuses) du sein peuvent être associées à un risque accru.
  • Densité mammaire élevée : Des seins denses ont plus de tissu glandulaire et conjonctif que de tissu adipeux, ce qui rend le dépistage plus difficile et peut être un facteur de risque en soi.
  • Facteurs liés au mode de vie et à l'environnement

Hormonaux :

  • Début précoce des règles (avant 12 ans) et ménopause tardive (après 55 ans).
  • Utilisation prolongée d'une hormonothérapie substitutive (œstrogènes et progestérone) après la ménopause.
  • Première grossesse tardive (après 30 ans) ou absence de grossesse.

Alimentation et poids :

  • Obésité après la ménopause.
  • Consommation excessive d'alcool.
  • Manque d'activité physique : Un mode de vie sédentaire est associé à un risque plus élevé.
  • Exposition aux rayonnements : Une radiothérapie au niveau de la poitrine (pour un autre cancer, comme la maladie de Hodgkin) pendant l'enfance ou l'adolescence.
Symptômes et diagnostic

Symptômes à surveiller

Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre, mais les plus courants sont :

  • Une masse ou un nodule indolore dans le sein ou l'aisselle. C'est le symptôme le plus fréquent.
  • Un changement de taille ou de forme du sein.
  • Un changement de l'aspect de la peau du sein : rougeur, œdème, peau d'orange, fossette.
  • Un écoulement anormal du mamelon, surtout s'il est sanglant et ne survient que d'un seul côté.
  • Une inversion ou une rétraction du mamelon.
  • Une douleur persistante dans une zone précise du sein ou de l'aisselle.

Outils de diagnostic

Le diagnostic repose sur une combinaison d'examens :

  • Mammographie : C'est un examen radiologique des seins. C'est l'outil de dépistage de référence, capable de détecter des anomalies avant qu'elles ne soient palpables.
  • Échographie mammaire : Souvent utilisée en complément de la mammographie, elle permet de faire la distinction entre un kyste (poche de liquide) et une masse solide.
  • IRM mammaire : Réservée aux femmes à haut risque ou lorsque les autres examens ne sont pas concluants.
  • Biopsie : Le seul moyen de confirmer un cancer. Une petite quantité de tissu est prélevée de la zone suspecte (sous guidage échographique ou radiologique) et analysée au microscope.
Dépistage
Dépistage
Les traitements

Le traitement est personnalisé en fonction du type de cancer, de son stade, de l'âge de la patiente et d'autres caractéristiques. Il combine souvent plusieurs approches.

  • Chirurgie conservatrice (tumorectomie) : Le chirurgien retire la tumeur et une marge de tissu sain autour, tout en préservant le reste du sein.
  • Mastectomie : L'ablation totale du sein, parfois avec reconstruction immédiate ou différée.
  • Curetage ganglionnaire ou biopsie du ganglion sentinelle : Les ganglions lymphatiques de l'aisselle sont examinés pour vérifier si le cancer s'y est propagé.
  • Radiothérapie : Utilisée après une chirurgie conservatrice pour réduire le risque de récidive locale. Elle peut aussi être utilisée après une mastectomie si la tumeur était de grande taille ou si des ganglions lymphatiques étaient atteints.
  • Chimiothérapie : Administrée par voie intraveineuse ou orale, elle détruit les cellules cancéreuses dans tout le corps. Elle peut être utilisée avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur (chimiothérapie néoadjuvante) ou après la chirurgie (chimiothérapie adjuvante) pour éliminer les cellules restantes.
  • Thérapies ciblées : Elles agissent sur des caractéristiques spécifiques des cellules cancéreuses (comme la surproduction de la protéine HER2), ce qui les rend plus efficaces et moins toxiques que la chimiothérapie pour les cellules saines.
  • Hormonothérapie : Environ 70% des cancers du sein sont "hormono-dépendants". Ces cancers se développent en réponse aux hormones féminines (œstrogènes et progestérone). L'hormonothérapie bloque l'action de ces hormones et est souvent administrée pendant plusieurs années.
Vivre avec le cancer

Le parcours de vie avec un cancer du sein ne se limite pas aux traitements, mais inclut également la gestion des effets secondaires et le retour à une vie normale.

  • Le suivi médical : Après les traitements, un suivi régulier est essentiel. Il inclut des examens cliniques, des mammographies annuelles et parfois des examens d'imagerie complémentaires pour détecter toute récidive éventuelle.
  • Gestion des effets secondaires : Les traitements peuvent avoir des effets secondaires à court ou à long terme (fatigue, troubles de l'humeur, neuropathie, troubles de la fertilité). Le soutien des équipes médicales et des associations de patients est très précieux pour les gérer au quotidien.
  • Soutien psychologique et émotionnel : Le diagnostic et les traitements peuvent être très éprouvants psychologiquement. Il est important de ne pas rester seul face à ses émotions et de chercher de l'aide auprès de psychologues ou de groupes de soutien.
  • Le retour à une vie normale : Il peut être progressif. L'activité physique modérée est vivement recommandée, de même qu'une alimentation saine, pour améliorer la qualité de vie et réduire les risques de récidive.
  • Reconstruction et image corporelle : La mastectomie, qu'elle soit partielle ou totale, peut affecter l'image de soi. La chirurgie reconstructrice, ou l'utilisation de prothèses mammaires, peut aider les femmes à se sentir mieux dans leur corps.

Le cancer du sein est une maladie complexe, mais la recherche médicale avance chaque jour. Le dépistage régulier reste la meilleure arme pour améliorer les chances de guérison. N'hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Qu'est-ce que la mastectomie ?

La mastectomie est une intervention chirurgicale qui consiste en l'ablation d'un sein, en partie ou en totalité. Elle est principalement utilisée comme traitement du cancer du sein, mais peut également être pratiquée à titre préventif chez les personnes présentant un risque très élevé de développer la maladie.

Pourquoi une mastectomie ?

Les principales raisons qui motivent une mastectomie sont :

  • Traitement du cancer du sein : C'est l'indication la plus fréquente. La mastectomie est réalisée lorsque la tumeur est trop grosse par rapport à la taille du sein, si la maladie est multifocale (présence de plusieurs tumeurs dans le même sein), ou si une tumorectomie (ablation seulement de la tumeur) n'est pas possible. Elle peut aussi être choisie par la patiente, même si une chirurgie plus conservatrice est possible.
  • Mastectomie prophylactique (préventive) : Elle est proposée aux personnes ayant un risque génétique très élevé de développer un cancer du sein, notamment en cas de mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2. Cette chirurgie vise à réduire considérablement ce risque.
  • Autres pathologies : Dans des cas plus rares, une mastectomie peut être nécessaire pour traiter d'autres pathologies non cancéreuses, comme des infections sévères ou des tumeurs bénignes volumineuses.

Quand se déroule l'opération ?

La décision de réaliser une mastectomie est prise après un diagnostic précis et une discussion approfondie entre la patiente et une équipe médicale pluridisciplinaire (oncologue, chirurgien, radiologue, etc.).

  • Dans le cadre d'un cancer du sein : La mastectomie est souvent la première étape du traitement local. Elle peut être suivie par d'autres traitements comme la chimiothérapie, la radiothérapie ou l'hormonothérapie, selon le type et le stade du cancer.
  • Dans le cadre préventif : La mastectomie prophylactique est une décision personnelle mûrement réfléchie. Elle est généralement réalisée après des tests génétiques et une évaluation du risque, souvent après un certain âge pour les femmes concernées.

Comment se déroule l'opération ?

L'intervention se déroule sous anesthésie générale et dure généralement entre 1 et 3 heures. Le chirurgien réalise une incision pour retirer le tissu mammaire. Selon le type de mastectomie, plusieurs variantes existent :

  • Mastectomie simple ou totale : Le chirurgien retire le sein, le mamelon et l'aréole.
  • Mastectomie avec conservation de la peau (skin-sparing) : Le sein est retiré mais la majeure partie de la peau est préservée, ce qui facilite une reconstruction mammaire immédiate.
  • Mastectomie avec conservation du mamelon (nipple-sparing) : En plus de la peau, le mamelon et l'aréole sont aussi conservés. Cela est possible si la tumeur est éloignée du complexe aréolo-mamelonnaire.
  • Mastectomie radicale modifiée : En plus du sein, le chirurgien retire également les ganglions lymphatiques de l'aisselle (curage ganglionnaire axillaire) si le cancer s'y est propagé.

Le chirurgien peut également, dans le même temps opératoire, procéder à une reconstruction mammaire immédiate en utilisant des implants ou des tissus de la patiente.

Suites de l'intervention et rétablissement

Les suites opératoires varient d'une personne à l'autre, mais voici les points principaux :

  • Séjour à l'hôpital : La durée d'hospitalisation est généralement de 2 à 5 jours.
  • Douleur : Des antalgiques sont prescrits pour gérer la douleur post-opératoire, qui est généralement bien contrôlée.
  • Drainage : Un ou plusieurs drains peuvent être placés sous la peau pour évacuer l'excès de liquide. Ils sont retirés quelques jours après l'opération.
  • Pansements et soins : Un pansement est posé sur la cicatrice. Des soins infirmiers réguliers sont nécessaires.
  • Activité physique : Il est conseillé d'éviter les efforts physiques intenses et de porter des charges lourdes pendant plusieurs semaines. Des exercices doux de rééducation du bras peuvent être recommandés pour éviter la raideur.
  • Aspect psychologique : La perte d'un sein peut avoir un impact psychologique et émotionnel important. Un soutien psychologique, une discussion avec des associations de patientes ou avec le partenaire sont souvent très utiles.
  • Reconstruction mammaire : Si une reconstruction mammaire n'a pas été faite en même temps, elle peut être réalisée plus tard, de façon différée. De nombreuses options sont possibles pour retrouver une silhouette équilibrée.
Mastectomie
Mastectomie
Lien
Homme fatigué
Dépistage du cancer du sein
Dépistage du cancer du sein

Le dépistage du cancer du sein est l'outil le plus puissant pour sauver des vies. Il permet de déceler les tumeurs à un stade asymptomatique (non palpable), ce qui augmente les chances de guérison à plus de 90 % et réduit la nécessité de traitements lourds et agressifs. De plus, la participation régulière aux programmes de dépistage organisé (souvent entre 50 et 74 ans) a démontré qu'elle pouvait réduire la mortalité due à ce cancer de 15 à 21 % en moyenne. Pour en savoir plus sur le dépistage du cancer du sein. Plus

Le cancer du sein
chez l'homme

oui c'est possible !

Une réalité trop souvent ignorée

Bien que le cancer du sein soit principalement associé aux femmes, il s'agit d'une maladie qui peut également toucher les hommes, bien que de manière beaucoup plus rare. La raison principale est que le corps masculin, tout comme le corps féminin, possède du tissu mammaire, en particulier sous le mamelon. Les hormones jouent un rôle crucial dans le développement de cette maladie. Un déséquilibre hormonal, où le niveau d'œstrogènes est anormalement élevé par rapport aux androgènes, peut stimuler la croissance des cellules du tissu mammaire. Des facteurs de risque ont été identifiés, notamment l'âge avancé, des antécédents familiaux de cancer du sein (surtout avec des mutations génétiques comme BRCA2), l'obésité, la prise de médicaments à base d'œstrogènes, l'exposition à des radiations et certaines maladies rares.

Le diagnostic du cancer du sein masculin est souvent tardif, car les hommes et les professionnels de santé sont moins enclins à y penser. Les symptômes les plus courants incluent la découverte d'une masse ou d'un nodule indolore au niveau du sein, généralement sous le mamelon. Il peut également y avoir un épaississement ou un changement de la peau du sein, des rougeurs, un mamelon qui se rétracte ou un écoulement suspect. Le processus de diagnostic est similaire à celui des femmes et repose sur un examen clinique, une mammographie, une échographie et une biopsie. Une fois le cancer confirmé, les options de traitement sont également comparables, incluant la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et l'hormonothérapie.

Bien que le cancer du sein chez l'homme soit rare, la sensibilisation est la clé. Comprendre les facteurs de risque et reconnaître les symptômes permet un diagnostic précoce, ce qui est essentiel pour une meilleure prise en charge et un traitement efficace, augmentant ainsi les chances de guérison pour les hommes touchés.